L'équilibre alimentaire : retrouver le bon sens dans son assiette
- Caroline B.

- 28 juil.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 24 heures

Il n'y a pas une semaine où quelqu'un ne me pose une question sur le gluten.
« Est-ce que le gluten est mauvais pour la santé? »
« Est-ce que je devrais l'éliminer de mon alimentation? »
Comme je fabrique du seitan, ces questions reviennent régulièrement. Et chaque fois, je réalise que la réponse est beaucoup moins simple qu'un oui ou un non.
Cette réflexion m'a amenée à penser à quelque chose de plus grand.
Au-delà du gluten, j'ai l'impression que l'alimentation est devenue un véritable casse-tête.
On entend beaucoup de conseils en alimentation. Certains sont bien établis, d'autres font encore l'objet de discussions, et il n'est pas toujours évident de savoir lesquels s'appliquent réellement à notre réalité.
On parle du gluten. Des oxalates. Des aliments ultra-transformés. De l'alimentation biologique, locale ou de saison. À force d'entendre tous ces messages, on finit parfois par ne plus savoir quoi croire.
Toutes ces recommandations ont souvent leur raison d'être. Ce qui devient parfois difficile, c'est de comprendre lesquelles s'appliquent réellement à notre situation et comment les mettre en pratique au quotidien.
Je ne suis ni nutritionniste, ni médecin. Je partage simplement une réflexion personnelle née de mon expérience dans le domaine alimentaire, de mes lectures et de mes observations au fil des années.
Avec le temps, j'en suis arrivée à une conclusion toute simple : je me méfie des réponses simples à des questions complexes.
En alimentation, le bon sens et l'équilibre valent souvent mieux que les discours catégoriques.
Nous sommes tous différents
C'est probablement ce qu'on oublie le plus.
Notre âge, notre niveau d'activité physique, notre travail, notre sommeil, notre état de santé, notre stress et même notre réalité familiale influencent nos besoins.
Une personne qui travaille physiquement toute la journée n'aura pas les mêmes besoins qu'une personne qui passe ses journées devant un ordinateur.
Un adolescent, un retraité, un sportif ou une jeune maman ne mangeront pas nécessairement de la même façon.
Alors pourquoi voudrait-on qu'une seule façon de manger convienne à tout le monde?

L'équilibre alimentaire va bien au-delà de notre assiette
C'est peut-être le point qui me semble le plus important.
On parle énormément des aliments. Beaucoup moins de tout ce qui gravite autour.
Bien manger est important, mais ce n'est qu'une partie de l'équation.
Dormir suffisamment, bouger régulièrement, prendre le temps de cuisiner, gérer son stress, partager un repas avec des proches… tout cela fait aussi partie d'un mode de vie équilibré.
J'ai parfois l'impression qu'on cherche l'aliment parfait, alors qu'il n'existe probablement pas.
Notre santé ne se résume pas à un seul aliment. À mes yeux, l'équilibre alimentaire, ce n'est pas de chercher l'alimentation parfaite. C'est faire des choix qui tiennent compte de notre réalité, de nos besoins et de l'ensemble de nos habitudes de vie.
Notre santé est le résultat de nos habitudes de vie : notre niveau d'activité physique, notre sommeil, notre gestion du stress et, bien sûr, notre alimentation dans son ensemble.
C'est l'ensemble de ces habitudes qui fait la différence.
Le contexte est souvent plus important que le message
À mon avis, l'une des plus grandes difficultés aujourd'hui est que les informations circulent très vite… mais le contexte se perd souvent en chemin.
Nous avons tous déjà entendu une phrase à la télévision, lu un article ou vu une vidéo sur les réseaux sociaux qui semblait apporter une réponse simple à une question pourtant complexe.
Une information sortie de son contexte peut rapidement devenir une croyance.
Prenons le gluten comme exemple.
Pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque, éviter le gluten est indispensable. Il ne s'agit pas d'une préférence alimentaire, mais d'une nécessité médicale.
Pour le reste de la population, je crois qu'il est intéressant d'aborder la question sous un autre angle.
Plutôt que de se demander s'il faut éliminer complètement le gluten, il peut être plus pertinent de regarder quelle place occupent les aliments qui en contiennent dans notre alimentation.
Du pain au déjeuner, un sandwich le midi, des biscuits en collation, des pâtes au souper, une pointe de pizza en soirée… Avant même de parler du gluten lui-même, cette succession d'aliments mérite peut-être qu'on s'y attarde.
Le mot « gluten » ne nous dit finalement pas grand-chose sur la qualité globale d'un repas. Ce qui me semble plus intéressant, c'est de regarder ce qui compose réellement notre assiette.
Tous les aliments contenant du gluten n'occupent pas la même place dans un repas. Le seitan est avant tout une source de protéines végétales autour de laquelle on construit une assiette équilibrée avec des légumes, des légumineuses ou d'autres accompagnements. À l'inverse, le pain, les pâtes, une pizza ou une viennoiserie jouent généralement un rôle bien différent dans un repas.
Ce n'est pas une question de dire qu'un aliment est « bon » et qu'un autre est «mauvais ». C'est plutôt une invitation à prendre un pas de recul et à regarder notre alimentation dans son ensemble.
C'est d'ailleurs une question que j'aime me poser moi-même lorsque je prépare mes repas : est-ce que je cherche simplement à éliminer un ingrédient… ou est-ce que je construis une assiette équilibrée?
À mes yeux, c'est là que commence la véritable réflexion sur l'alimentation.
Faire des choix réalistes
Cette réflexion m'a rappelé une publication du kinésiologue Yohann Ménard qui rappelait un fait que j'avais déjà entendu auparavant et que je trouve particulièrement intéressant.
Il expliquait que certains légumes surgelés, congelés rapidement après la récolte, peuvent parfois conserver davantage de vitamines que certains légumes frais qui ont passé plusieurs jours en transport et en entreposage avant d'arriver dans notre assiette.
J'aime beaucoup cette nuance.
Elle nous rappelle qu'il faut parfois regarder plus loin que les apparences.
Évidemment, lorsque j'ai la chance d'acheter mes légumes directement chez un producteur local ou au marché, je privilégie toujours cette option. Ils sont fraîchement récoltés, savoureux et, en plus, j'encourage des entreprises d'ici. Dans ce contexte, la question de la fraîcheur ne se pose pratiquement plus.
Mais je garde aussi toujours quelques sacs de légumes surgelés au congélateur.
Pourquoi?
Parce que certaines semaines sont plus chargées que d'autres.
Parce qu'il m'arrive de ne pas avoir eu le temps de passer au marché.
Parce que je préfère cuisiner un bon repas avec des légumes surgelés que de ne pas manger de légumes du tout.
Pour moi, c'est ça, faire des choix réalistes.
Des choix qui fonctionnent dans la vraie vie.
Lire les étiquettes… mais aussi réfléchir
Je crois qu'il est toujours intéressant de prendre quelques secondes pour regarder la liste des ingrédients d'un produit, de s'informer et de comprendre ce que l'on mange.
Mais je pense aussi qu'il est important de développer notre esprit critique.
D'où vient cette information?
Est-elle encore d'actualité?
À qui s'adresse-t-elle?
Est-ce qu'elle provient d'une source fiable?
Est-ce qu'elle correspond réellement à ma réalité?
Se poser ces questions est souvent plus utile que de suivre aveuglément la dernière tendance alimentaire.
En terminant
Si je devais résumer ma façon de voir les choses en une seule phrase, ce serait celle-ci :
Je préfère faire de meilleurs choix chaque jour que de chercher une alimentation parfaite.
Mon objectif, avec cet article, n'est pas de vous dire quoi manger.
J'aimerais simplement vous inviter à réfléchir.
À vous poser des questions.
À éviter les conclusions toutes faites.
À vous rappeler qu'en alimentation, je me méfie des réponses simples à des questions complexes.
Et surtout, à ne pas oublier que notre santé repose sur un ensemble d'habitudes de vie, dont l'alimentation est une pièce importante… mais certainement pas la seule.
Au fond, je crois que le véritable équilibre alimentaire commence peut-être là : dans notre capacité à garder l'esprit ouvert, à nous informer avec curiosité et à faire des choix qui correspondent réellement à notre réalité.
Et si cette réflexion vous donne envie de passer en cuisine, vous trouverez sur le blogue plusieurs recettes pour intégrer le seitan et d'autres protéines végétales à des repas variés et équilibrés.





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